"Almanacco Libertario" de 1929
pour des victimes de la répression politique
(doc. CIRA de Lausanne)
Ephéméride Anarchiste
12 mai
Le 12 mai 1876, naissance de
Louis Eugène JACKMIN (dit Eugène JACQUEMIN) à Paris.
Propagandiste anarchiste, antimilitariste et militant
syndicaliste.
Ouvrier forgeron, il habitait au Près-St-Gervais (banlieue Est de Paris) où il crée en février 1896, le groupe anarchiste du 19e art. En mai 1897. il aurait participé à un hommage à Émile Henry au cimetière de Limeil-Brévannes. Au printemps 1902, il est "candidat pour la forme" lors des élections municipales au Pré-St-Gervais.
Le 15 mai 1910, il crée le Groupe libertaire de l'Est parisien et prend part en tant que délégué, le 13 novembre 1910 au congrés constitutif de la "Fédération Révolutionnaire Communiste" (FRC) qui deviendra ensuite la "Fédération Communiste Anarchiste"(FCA) et dont il sera le secrétaire jusqu'à sa condamnation. Militant puis responsable syndical des maréchaux-ferrants de la CGT (de la Seine) il fait partie du Comité de grève en janvier 1910. Lors du meeting du 1er mai 1911, il appelle les militants à s'opposer à toute mobilisation en cas de guerre. De juin à novembre 1911, il assure la gérant du
"Libertaire". A partir de 1912, il sera un des quatre responsables du groupe de défense de la FRC "Les bakouninistes" et l'un des fondateurs des "Amis du Libertaire". Il est également actif au Comité antiparlementaire révolutionnaire et au Groupe intersyndical pour la propagation de la langue internationale Ido. Le 27 mars 1912, il comparait devant les assises de la Seine et est condamné en tant que gérant du "Libertaire" à un an de prison pour un dessin antimilitariste de Claudot. Emprisonné début mai 1912, il bénéficia vraisemblablement d'une libération anticipée suite à une amnistie. A partir de novembre 1912 il fait partie du comité de rédaction du journal "Le
Réveil Anarchiste Ouvrier" publié aux Lilas (1912-1913), puis du "réveil anarchiste"(1914).
Antimilitariste convaincu (inscrit au Carnet B), et coauteur avec Edouard Sené et Jacklon de "La brochure Rouge" qui
préconise le sabotage en cas de mobilisation, il aura à
subir diverses condamnations, notamment (avec Jean Labat), le 22 novembre 1913, devant le tribunal correctionnel où il est condamné à 15 mois de prison pour "provocation de militaires à la
désobéissance" peine ramenée le 29 janvier 1914, à un an de prison. Durant la guerre, il sera mobilisé et envoyé dans un bataillon disciplinaire en
Algérie. Dans les années 20, il poursuit son
activité syndicale et est chargé de réorganiser la CGT en Meurthe-et-Moselle. Il publie "Le
Réveil Ouvrier"organe de l'Union départementale à Nancy, où il est à l'origine de la création de nombreuses coopératives ouvrières dont une imprimerie dont il sera le responsable. Toujours anarchiste, il sera condamné le 3 décembre1921
à deux mois de prison et 2 000 francs d'amende pour "excitation au vol et au pillage" pour avoir dit : "Travailleurs, n'acceptez plus le chômage ! Prenez l'usine, prenez la mine !" Un rapport de police de 1921 le décrivait ainsi : "Libertaire dangereux, antimilitariste, partisan de l'action directe, très intelligent, trés actif, orateur à la parole persuasive."
Opposé à toute scission syndical et partisan de la Charte d'Amiens, il interviendra en soutien dans de nombreuses grèves : des tanneurs à Annonay (septembre 1923), grève au Havre (octobre 1923), des dockers de Dunkerque (juin-octobre 1926). Malade, il réduisit ensuite ses activités et s'installa dans une ferme à Dommarin-lès-Toul (Meurthe-et-Moselle) et en 1928 adhèra
la S.F.I.O.
Il meurt le 26 août 1930.
A noter que sa compagne Emilie Sophie JACQUEMIN, née LEPREUX, (1886-1941) couturière de profession, elle était une militante syndicaliste, anarchiste et antimilitariste.
En 1913, elle succéde à Clémence Jusselin comme trésorière du "Comité féminin contre la loi Berry-Millerand, les bagnes militaire et toutes les iniquités sociales", Comité créé en septembre 1292 par le syndicat parisien des couturières. Emilie s'était unie avec Eugène en 1903, ils résidaient aux Lilas.
Après l'incarcération d'Eugène en juillet 1913, elle assurera le secrétariat du journal "Le Réveil Anarchiste Ouvrier".
En-tête du numéro 9 (deuxième série) du 11 novembre 1892
Le 12 mai 1889, à Lisbonne (Portugal), sortie du premier numéro de "A Revolta" (La Révolte) Revue hebdomadaire du socialisme anarchiste. La première série s'arrêtera en février 1890, une deuxième série commence le 11 septembre 1892 et s'achèvera le 11 novembre 1893 (44 numéros parus). A noter qu'un autre journal portant ce titre paraîtra ensuite à Coimbra en 1914.
Type de l'engin explosif (reconstituée)
(archives de la préfecture de police)
Le 12 mai 1894, avenue Kléber à Paris, l'explosion d'une bombe devant l'hôtel de Massing cause d'importants dégâts.
"Lisez les Journaux Socialistes"
En-tête du numéro du 9 au 16 août 1896
Le 12 mai 1895, de retour en
France grâce à une amnistie (suite à
l'élection présidentielle)
Emile Pouget publie à Paris le
premier numéro d'un nouvel hebdomadaire "La Sociale". Ce n'est en fait qu'un changement
du nom (destiné à contourner la loi) le journal
"Le Père
Peinard" restant frappé d'interdiction.
Cela vaudra à Pouget un séjour de quatre mois en prison
pour un délit de presse. Malgré cela, le journal
continuera à sortir jusqu'en octobre 1896 (76 numéros
parus) . Il s'éclipse en fait avec la réapparition du
"Père Peinard". "La Sociale n'est pas une couveuse électorale. La politique lui pue au nez, aussi, s'il lui arrive de broussailler dans cette forêt de Bondy, c'est uniquement pour crier "casse-cou" au populo et crosser un tantinet nos illustres politicards."
Première page du numéro 2 de juin 1911
En mai 1911, à Berlin-Treptow (Allemagne), sortie du premier numéro du journal "Korrespondenzblatt der Vereinigung individualistischer Anarchisten" (Correspondance de l'Association des anarchistes individualistes). Organe mensuel de "l'Association des anarchistes individualistes" (créée le 12 août 1910 par Max Dankwart, Bernhard Zack, etc., et dissoute en 1913). Six numéros sortiront jusqu'en octobre 1911.
Manifestation pour la défense de Sacco et Vanzetti
Le 12 mai 1926, Etats-Unis,
la cour suprême de justice du Massachusetts confirme la
condamnation à mort de Nicola
Sacco et Bartolomeo
Vanzetti
Le 12 mai 1946, à
Tokyo, le Congrès constitutif de la "Fédération Anarchiste Japonaise"
se clôt par une déclaration de principe :
"Nous affirmons que l'unique chemin
à suivre est celui de l'anarchisme qui combat pour une
société basée sur la liberté,
l'égalité et l'entr'aide mutuelle. Nous insistons sur
la nécessité d'établir une
fédération de peuples libres et autonomes,
basées sur l'indépendance de notre peuple et de tous
les peuples du monde. Nous convions le peuple japonais et tous les
peuples de la terre à lutter contre tous les gouvernements,
contre le capitalisme et contre la
réaction".