Calendrier de 1973 de la "Rivista A"
le personnage de Roberto Ambrosoli "Anarchik" lors de la mutinerie du
Potemkine
Ephéméride Anarchiste
27 juin
Pierre Monatte
Le 27 juin 1960, mort de
Pierre MONATTE à Paris.
Militant anarchiste, personnalité importante du syndicalisme
révolutionnaire français.
Il est né le 15 janvier 1881 à Monlet (Haute-Loire). Il
est très tôt attiré par les idées
anarchistes. D'abord répartiteur dans les collèges, il
est ensuite correcteur d'imprimerie. En 1904, après sa
rencontre avec Emile Pouget, il rentre
au comité confédéral de la C.G.T. Durant
l'année 1905, il remplace Benoît
Broutchoux (alors emprisonné) à la rédaction
de "l'Action syndicale" des mineurs de Lens. En 1907, il intervient
au Congrès anarchiste
international d'Amsterdam, et y expose sa conception du
syndicalisme révolutionnaire.
Le 5 octobre 1909, le premier numéro de
"La Vie Ouvrière" voit
le jour, il en est l'administrateur et le principal rédacteur.
Lorsque la guerre éclate en 1914, et qu'au-delà de
toute attente "l'union sacrée" se réalise avec la
C.G.T, il démissionne du comité
confédéral estimant que celle-ci s'est
déshonorée.
En janvier 1915, il est mobilisé et envoyé en
première ligne. Démobilisé en 1919, il reprend
son militantisme, fortifié par la révolution russe, il
s'en fait un des propagandiste dans "la Vie ouvrière" qu'il
fait reparaître.
Le 3 mai 1920, il est arrêté avec d'autres militants et
inculpé de "complot contre la sûreté
intérieure de l'Etat", et reste emprisonné jusqu'en
mars 1921. Secrétaire des Comités Syndicalistes
Révolutionnaires (C.S.R) au sein de la C.G.T, opposé
aux anarchistes, en particulier sur l'adhésion à
l'internationale communiste, il en démissionne. En mars 1922,
il devient rédacteur à "l'Humanité", puis
adhère en mai 1923 au Parti Communiste, mais il en est exclu
en novembre 1924 après avoir dénoncé leurs
méthodes autoritaires.
En janvier 1925, il lance le numéro un de
"Révolution
prolétarienne", revue syndicaliste révolutionnaire
(fidèle à la Charte
d'Amiens); nombreux anarchistes y collaborent. La revue
s'arrêtera en 1939, pour reprendre en 1947 et pourfendre encore
la main mise des staliniens et le réformisme syndical.
Le 27 juin 1890, naissance
de Jacques LONG dit JACKLON, à Marseille.
Militant anarchiste.
C'est à Paris qu'il fait des études de médecine.
D'abord monarchiste, il devient rapidement anarchiste, et
fréquente le milieu individualiste autour du journal
"l'anarchie". C'est chez lui, au
22 rue du Chevalier de la Barre, que se dérouleront les
"Causeries Populaires". Il adhère ensuite à la
"Fédération Communiste Anarchiste". Début 1914,
fiché au "Carnet B" (pour ses
prises de positions antimilitaristes et contre une future
mobilisation), il quitte Paris avec sa compagne
Jane Morand pour le midi de la
France, puis se réfugie en Espagne à la
déclaration de guerre. En janvier 1919, ils en sont
expulsés pour propagande anarchiste, ils passent alors en
Hollande, puis en Belgique. Ils seront pourtant condamnés par
contumace à Bordeaux, le 19 novembre 1920, à la
détention perpétuelle. Jacques Long se serait
suicidé en Belgique, le 20 juillet 1921.
Le 27 juin 1935, mort d'Emil Bernhard SVENSSON, dit Emil MANUS, à Stockholm (Suède).
Militant anarcho-syndicaliste suédois.
Il est né le 29 novembre 1889 à Landskrona, en Scanie (Suède). Apprenti typographe, il adhére aux Jeunesses Socialistes (Social-demokratiska ungdomsforbündet) alors fortement influencées par les idées anarchistes. Il travaille ensuite à l'imprimerie de l'Académie d'Uppsala, où il sympatise avec un jeune anarchiste Oskar Malmborg.
Il gagne son surnom de Manus en raison de ses demandes incessantes de manscrits à composer. Après la grande grève qui débuta le 4 août 1909 et dura deux mois, Emil et Oskar sont licenciés et placés sur une liste noire. En 1910, il part à pied avec Malmborg pour un périple à travers l'Europe, visitant l'Allemagne, l'Autriche, la France, l'Italie et la Suisse. Le compagnonage était alors encore vivace et en tant que compagnons ils percevaient 5 öre par kilomètre de l'Association internationale des typographes, ce qui suffisait à couvrir leurs frais de logement et nourriture. De retour en Suède Oskar trouva un emploi à l'imprimerie du journal "Brand" à Stockholm et un poste de compositeur à la pièce pour Emil.
Ce dernier avait rencontré entre temps une jeune anarchiste Eva Lofgren qu'il épousa.
Ils poursuivent leur militantisme ensemble et pendant un temps, hébergèrent leur ami et compagnon Carl Johann Björklund, mais ils subissent une perquisition de la police en raison de leur propagande antimilitariste.
Manus ignora sa convocation au service militaire. Arrêté par la police il est conduit à la caserne, mais rapidement relaché. Cependant, fin 1917, il est condamné à quatre mois de prison pour avoir publié un pamphlet antimilitariste. Libérés Manus et Eva qui avait également été emprisonnée pour production de littérature révolutionnaire, sont contraints pour échapper à la répression de s'installer à Copenhague, au Danemark.
Ils participent alors aux activités de la Fédération des Jeunes socialistes (Ungsocialistisk Forening, USF), apparentée au mouvement de la Jeunesse suédoise. Cette fédération publiait le journal "Den Røde Krig" (Guerre rouge), en collaboration avec l'anarchiste danois Andreas Fritzner. Mais Manus eut des difficultés à trouver du travail au Danemark et un camarade suédois, plongeur dans un hôtel, lui fournissait de quoi se nourrir. Emil donnait fréquemment des conférences sur l'anarchisme et le syndicalisme au club de discussion Karl Marx et avec Eva, il prenait la parole lors d'événements de l'USF. Ils collaboraient aussi à l'hebdomadaire syndicaliste " Solidaritet" et à "Den Røde Krig".
En décembre 1922, Emil participa au Congrès berlinois de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) antiautoritaire, puis à l'issue de celui-ci se rend avec Eva en France en janvier 1923. Il restera à Paris pour assister à un Congrès international anarchiste, prévu en octobre. Cependant, deux jours avant l'ouverture du congrès, le 5 octobre, la police française arrête l'anarchiste italo-suisse Luigi Bertoni, ainsi que Manus et Carl Johann Björklund. Tous deux furent brutalisés en prison et ensuite expulsé vers la Suède.
Manus travaille ensuite pendant dix ans comme répartiteur et trésorier pour le journal anarchiste "Brand", dirigé alors par Björklund. Il écrit des textes anarchistes et antimilitaristes et intervient comme orateur. Parmi ses pamphlets figurent : "Le Chemin de la liberté", - "Le Bourreau de la classe ouvrière : le militarisme", - "Manifeste au plus grand parti de Suède", - "Ce que tout jeune homme et toute jeune femme doivent savoir",- "Le Riksdán qui nous trompe" et "À bas le royaume !".
Il participe au Congrès du 25e anniversaire de la "Sveriges Arbetares Centralorganisation" (S.A.C), en juin 1935.
Le 27 juin
1935 lors d'une excursion en bateau sur le lac Mälar, malade, il se senti mourir sur le chemin du retour vers Stockholm et déclara : "J'ai l'impression de mourir, les gars ! Jetez le cadavre dans le lac !" Des centaines de membres de la S.A.C assistèrent à ses obsèques le 6 juillet.
Dix ans plus tard en 1945, une plaque sera inauguré en son honneur au nouveau cimetière Skogskyrkogarden dans le quartier Gamla Enskede de Stockholm.
Bio réalisée grâce à l'article de Nick Heath sur libcom.org .
En-tête du numéro 7 (deuxième année), 18 décembre 1895
En 1891, à Londres (Angleterre), sortie du premier numéro de 'The Torch - A journal of anarchist communism" qui prendra à partir de 1894 le titre de "The Torch of Anarchy". Ce mensuel est publié par deux jeunes soeurs Helen et Olivia Rossetti (filles de William Michael Rossetti), qui étaient devenues anarchistes après avoir entendu un discours de l'exilé russe Serge Stepniak (Kraftchinsky). Les deux jeunes soeurs et leur frère Arthur ont alors imprimés eux-mêmes dans la maison familliale ce journal par cyclostyle (un procédé précurseur de la ronéo). En 1893, ils ont acquis une presse manuelle, mais sur l'insistance de leur père, l'imprimerie a été déplacée hors de la maison familliale et un bureau de la "Torche" ouvert. Il est devenu un lieu de rencontres pour les radicaux européens. Parmi les contributeurs du journal on peut citer l'artiste Lucien Pissarro, George Bernard Shaw, Louise Michel et Emma Goldman qui visita la Grande Bretagne en 1895, et qui rappelle dans son autobiographie "Living my Life"(1931) la généreuse hospitalité des soeurs Rossetti. A noter dans un des numéros un article de l'anarchiste Alexandre Cohen prenant la défense d'Oscar Wilde. Aucune série complète de cette publication, qui s'arrêtera en 1896, n'est connue. Les deux soeurs ont publié en 1903, sous le pseudonyme d'Isabel Meredith, leur aventure quelque peu romancée d'enfants révolutionnaires précoces, sous le titre "The Girl among the anarchists" (Une fille parmi les anarchistes). Mais si la trajectoire de Olivia Rosseti Agresti (1875-1960) a commencé avec l'anarchisme, elle s'est malheureusement achevée avec son adhésion au fascisme italien à partir des années vingt.
logo de l'I.W.W
Le 27 juin 1905, à
Chicago, congrès constitutif de
l'I.W.W (Industrial Workers of the
World): il rassemble toutes les composantes du mouvement
ouvrier et se donne pour objectif (contrairement aux Trade-unions
corporatistes) la création d'un seul grand syndicat de tous
les travailleurs (One Big Union).
"(...) la lutte doit se poursuivre
jusqu'à ce que les travailleurs du monde s'organisent en
classe, prennent possession de la terre et des moyens de production
et abolissent le salariat."
Nombreux anarchistes participeront aux grèves et
"actions directes" de l'I.W.W, lequel aura, jusqu'à la
première guerre mondiale, une grande influence. Ce syndicat radical existe toujours comme son organe de presse "Industrial Worker" (voir le site de l'organisation dans la liste des liens).
Pour plus d'information sur l'histoire de ce syndicat lire l'ouvrage de l'historien Larry Portis : IWW et syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis.
Abolition du Salariat, rejoint l'IWW.
Liberté.
Le 27 juin 1905, en Mer
Noire, l'équipage du cuirassé russe POTEMKINE se
mutine, les marins tuent les officiers qui s'étaient
illustrés par leur cruauté. Ils hissent le drapeau
rouge devant Sébastopol, puis gagnent Odessa où les
ouvriers sont en grèves. Ils se rendront ensuite en Roumanie,
et y obtiendront l'asile politique.
Une du premier numéro daté de juin 1914, publié à Paris
Illustration de Steinlein : "La libératrice"
En-tête du numéro 5 d'avril 1916 publié à Genève
En juin 1914, à Paris, sortie du premier numéro du journal "Nabat" (Le Tocsin - l'Alarme) Organe Anarchiste-Communiste, mensuel en langue russe. Après la déclaration de guerre le journal émigrera en Suisse à Genève.
Au moins cinq numéros parus.
A noter qu'un autre journal portant ce titre sera publié au moment de la Révolution Russe, en Ukraine, à Karkov, Elizavetgrad, Odessa et Gouliai Polié entre 1917 et 1920 en tant qu'Organe de la Confédération "Nabat" d'Ukraine.
Ce même titre est paru également à Altaï en 1920.
"La libératrice" de Steinlen
extrait d'une carte postale des "Temps Nouveaux"