Le 30 décembre 1890,
naissance de Victor SERGE, (dit aussi Le RETIF) de son vrai nom
Victor Napoléon KIBALTCHITCHE, à Bruxelles,
Belgique.
Propagandiste anarchiste avant de devenir un collaborateur des
bolcheviques puis d'entrer en dissidence. Traducteur, poète et
romancier.
Fils de révolutionnaires russes en exil, il aura une enfance
difficile, marquée par la pauvreté. Autodidacte, il
commence très jeune à militer à la "Jeune Garde
Socialiste" qu'il quittera pour le "Groupe Révolutionnaire de
Bruxelles"(anarchiste). Il fréquente alors la
communauté "L'Expérience" d'Emile Chapelier. Lié
à Raymond Callemi depuis l'enfance, il est
également en contact avec Edouard
Carouy et Jean De Boë (
futurs membres de la "bande à
Bonnot "). Il écrit alors sous le
pseudonyme du Rétif dans divers journaux anarchistes et
rencontre sa future compagne Anna
Estorges (Rirette Maitrejean). En 1909, il séjourne dans
le Nord de la France puis s'installe à Paris, où il
occupe divers emplois: dessinateur, traducteur, professeur de russe,
etc. En contact avec le milieu anarchiste individualiste, il
crée au quartier latin le groupe "La libre recherche" rejoint
par ses amis belges ainsi que par
Soudy et
Valet. Il écrit dans
"l'anarchie", puis
succédant à Lorulot il
assurera à partir de 1911 (à Romainville, puis à
Paris) avec Rirette, la direction du journal.
Mais le 31 janvier
1912, il est arrêté en liaison avec les actions
illégalistes (dont le braquage de la rue Ordener) de "la Bande à Bonnot". Lors du
Procès de la Bande en
février 1913, il sera lourdement condamné pour "recel
d'armes volées", à 5 ans de prison et 5 ans
d'interdiction de séjour. Il met alors à profit son
séjour à la prison de Melun pour parfaire sa
connaissance des langues (huit). A sa sortie en janvier 1917, il part
pour Barcelone où il participe à
"Solidaridad Obrera", journal
de la CNT et à
"Tierra y Libertad" et se lie
avec Salvador Segui. En août
1917 il rentre clandestinement en France avec l'espoir de pouvoir
rejoindre la Russie. Arrêté le 2 octobre 1917 pour avoir
violé l'arrêté d'expulsion, il est interné
plus d'un an au camp de Précigné (Sarthe) où il
milite avec un groupe révolutionnaire russe juif et collabore
à "La Mêlée" de
Pierre Chardon. Le 26 janvier 1919,
bénéficiant d'un échange de prisonniers
franco-russe, il quitte Dunkerque pour Pétrograd en Russie,
où il se met au service de "l'Internationale communiste",
adhère au PC russe et traduit des articles de Lénine,
Trotsky et Zinoviev pour "l'Humanité". En 1921 il est
nommé responsable de la propagande pour l'Europe centrale et
séjourne à Berlin, puis Vienne, où il travaille
en tant que rédacteur dans une agence de presse communiste. Il
rentre en Russie en 1925, de plus en plus critique envers le
régime bolchevique qui l'exclut en 1928, puis l'emprisonne, le
libère et le condamne à nouveau en 1933 à la
déportation dans l'Oural. En 1933, les intellectuels
français (dont H. Poulaille,
J. Mesnil, R. Rolland, M.
Martinet, etc.) se mobilisent pour obtenir sa libération, qui
sera effective en avril 1936. Expulsé de Russie vers la
Belgique il est hébergé à Bruxelles par
Nicolas Lazarévitch. Après
avoir pris part à la création de la IVe Internationale,
il prend ses distances avec Trotsky. En 1937 il est de retour en
France au Pré-Saint-Gervais, où il prend part aux
activités d'un "Comité de défense de la
révolution espagnole". En juin 1940, il quitte Paris et
rejoint Marseille. De là, il réussira à obtenir
un visa pour le Mexique, où il s'installera et se consacrera
à l'écriture de ses mémoires. Il meurt le 17
novembre 1947 à Mexico.
Il nous laisse de nombreux romans et ouvrages politiques: "Le
rétif "( choix d'articles 1909-1912), "Les anarchistes et
l'expérience de la révolution russe", "Mémoires
d'un révolutionnaire", "Le tournant obscur", "S'il est minuit
dans le siècle", "Ville conquise", etc.
"Il partit, il disparut. Par
une note, en corps sept, reléguée dans l'infime
rubrique des faits divers, les "Izvestia" annoncèrent sa
déportation pour "menées insurrectionnelles",
accusation extravagante jusqu'à la
bouffonnerie".
In "Le tournant obscur".
Nisse Lätt en 1953
Le 30 décembre 1907, naissance de Nils Olaf LÄTT dit Nisse LÄTT à Kjulaas (Suède).
Important militant et propagandiste anarcho-syndicaliste suédois.
Il est né dans une ferme avec quatre autres frères. A 15 ans il devient marin dans la marine marchande. Très jeune il adhère à l'organisation anarcho-syndicaliste SAC (Sveriges Arbeter Centralorganisation) et il contribue en juin 1930, avec Holger Carlsson, à la création de la "Sveriges Syndikalistiska Ungdomsförbundet" (Union de la jeunesse syndicaliste suédoise).
En 1934, lors d'une escale au Pays-Basque, il rentre en contact grâce à l'espèranto (langue internationale qu'il apprend) avec des anarcho-syndicalistes espérantistes de la CNT.
Il est en mer lorsque éclate en juillet 1936 la Révolution en Espagne.
Il arrive dans ce pays début janvier 1937 après avoir transité par Paris, où il a obtenu le 31 décembre 1936 un laissez-passer du "Comité anarcho-syndicaliste pour la Défense et la Libération du Prolétariat Espagnol".
En Espagne, il intège le Groupe international de la colonne Durruti sur le front d'Aragon. Lors d'un combat à la mi-avril 1937 à Santa Quiteria (Huesca) il est blessé au visage par l'explosion d'une grenade. Evacué sur un hôpital de Tarragone, il y subit l'ablation de son œil gauche (sans anesthésie). Après les évènements des journées de Mai 37 à Barcelone, il tente vainement de revenir sur le front avant de rejoindre une coopérative agricole à Fábara (Aragon). Il est également le correspondant du journal de la jeunesse syndicaliste suédoise "Storm".
De retour en Suède en 1938, il décrit dans une brochure son expérience en Espagne "Som milisman och kollektivbonde i Spanien" traduit en français : (Milicien et ouvrier agricole dans une ferme collectivisé en Espagne).
Il travaille d'abord dans la sylviculture puis ensuite dans le bâtiment, militant au sein de la SAC de Göteborg, il collabore à partir de 1940 au journal "Syndikalisten" organe de la SAC.
En 1945, il publie une autre brochure "Havets Arbetare" (Travailleur de la Mer) relatant sa vie de marin dans la marine marchande.
Dans les années cinquante il s'opposera à la ligne réformiste de la SAC. Au début des année 1970, il devient le rédacteur et éditeur de la revue anarchiste "Brand".
Il prend sa retraite en 1972, sa maison à Göteborg est un lieu de rencontre de militants anarchistes et syndicaliste. Il traduit en suédois le livre de José Peirats : "La CNT en la Revolución española".
Après la mort du dictateur Franco et le retour de la CNT, il se rend en juillet 1977 à Barcelone à l'occasion des Journées internationales libertaires, et prend part à la prise de parole lors à l'immense meeting de la CNT.
Il décède le 14 janvier 1988 à Göteborg.
Son autobiographie posthume : "En svensk anarkist berättar" (Un anarchiste suédois raconte) paraîtra en 1993.
En-tête d'un numéro de l'année 1940 de "Storm" (La tempête) Organe de l'Union de la Jeunesse Syndicaliste (suédoise)
Une du numéro de décembre 1893
En décembre 1893, à Vienne (Autriche), sortie du premier (et unique ?) numéro du journal "Die Anarchie" (L'Anarchie). A noter que la même année, un journal portant ce titre a été publié à Londres.
A ne pas confondre avec le journal publié en 1949.
Práxedis Guerrero
Le 30 décembre 1910,
mort de Práxedis Gilberto GUERRERO.
Né le 28 août 1882,
à Leon (Mexique), dans une famille fortunée. A 19 ans,
il abandonne une carrière militaire pour se consacrer à
la propagande anarchiste du
Parti Libéral
Mexicain. Il collabore à
"Revolución" de Los
Angeles. Puis, de 1906 à 1910, il participe à divers
mouvements insurrectionnels au Mexique. Du 28 au 30 décembre
1910, il prend la ville de Casas Grandes (Chihuahua), avec des
troupes vingt fois inférieurs en nombre aux forces
gouvernementales. Mais lors d'un combat à Janos, une balle
l'atteint en pleine tête. Figure de proue du mouvement
anarchiste mexicain, propagandiste et révolutionnaire
courageux, il sera "récupéré" par les
autorités, qui en feront un "héros national".
Logo de la F.A.U.D
Du 27 au 30 décembre 1919, à Berlin, sous l'impulsion de
Rudolf ROCKER, se tient le
Congrès constitutif de la F.A.U.D
(Freie Arbeiter Union Deutschland), Union libre des travailleurs
allemands, qui se déclare anarcho-syndicaliste, repoussant de
fait l'Etat et le parlementarisme. Elle comptera jusqu'à 125
000 adhérents.